
Can’t Stop the Music : c’est la comédie musicale disco des Village People !
Si ? Oh ben, vous êtes exigeants vous, rien que le concept se suffit à lui-même, non ? Bon O.K alors… Eteignez les lumières, allumez les spots, ressortez la boule à facettes !
La fin des années 70. l’insouciance, les Ray Bans, les moustaches, les synthés rutilants, le melting-pot triomphant, la San Francisco Touch, le sexe sans SIDA. En un mot "The Village People" (oui je sais, ça fait trois mots…).
Dans la grande vague des films disco qui ont inondé les écrans suite au triomphe de "La Fièvre du samedi soir", Jacques Morali, créateur-producteur du groupe, s’est dit que c’était le bon moment pour lancer un véhicule apte à propulser les Village au firmament du succès cinématographique. Une biographie romancée de ses poulains, pleine de musique et de couleurs, où des p’tits gars sympas et positifs, tout juste sortis des bas-fonds dans leurs défroques de carnaval, se lancent à la conquête du monde. Les années 80 naissantes portaient la promesse de tous les possibles. La planète déboussolée n’attendait que ça, et s’offrirait sans retenue à ces messies de la joie, de l’amour universel et de l’ambiguïté sexuelle. Tiens, c’est bien simple, à la pensée de tous ces billets verts qui n’allaient pas manquer de pleuvoir sur ce succès obligé, Morali en avait presque les larmes aux yeux…
Manque de bol, arrivé après la retombée de la fièvre disco aux States, distribué au même moment que « Xanadu » et « BIM Stars », écharpé par la critique, récoltant les razzie awards du plus mauvais film et du plus mauvais scénario, le film se ramassa sévère au box-office. Il y eut bien une tentative pour sortir ce film en France, sous le nom "Rien n'arrête la musique" (merci à tous les forumers qui nous ont indiqué cette sortie) mais elle se solda vite par un bide tout aussi retentissant. Autant dire qu’après ça, Morali enterra la pelloche au fond du jardin et s’empressa de l’oublier, au grand désarroi des fans français qui ne virent jamais arriver en VHS cette fantaisie musicale, budgétée tout de même à 15 millions de dollars de l’époque (soit à peu près le budget de « Mega Force » et le double du premier « Star Wars »).
On a longtemps pensé qu’on ne reverrait jamais ce film, mais le goût du kitsch étant ce qu’il est, une édition DVD française, reprenant le titre original, est venue rattraper ce manque. Et à la vision du résultat final, on se dit que c'eut été vraiment dommage de rater ça !
Nous voici donc à New York, dans le Greenwich Village de 1980. Un endroit fun où tout le monde est beau, a le sourire et est toujours vaguement artiste. Un coin où on fait du patin à roulettes dans la circulation en chantant à tue tête, où personne ne se retourne quand vous vous baladez dans la rue déguisé en indien, où on rentre dans les appartements par les fenêtres (ouais, c’est New York quoi !) et où le risque principal est de se faire braquer au coin de la rue par une vieille dame.
Le pompon est atteint avec la reprise de YMCA (le seul de leurs succès réutilisé dans ce film, le reste des morceaux ayant été composé pour l’occasion), qui se déroule dans un club de sport pour hommes où la réalisatrice ne se donne même plus la peine de cacher les sous-entendus gays. C’est une avalanche de plans d’éphèbes sous la douche, d’athlètes au ralenti le muscle tendu par l’effort, de lutte gréco-romaine en gros plan, de ballets nautiques, de scènes en jacuzzi… On n'avait plus vu un tel culte du corps sportif masculin depuis Leni Riefenstahl !
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